Le récidiviste (1978), d’Ulu Grosbard

 

C’est l’histoire de Max Dembo (Dustin Hoffman, moustache et rouflaquettes), petit délinquant, qui pour la troisième fois sort de la vraie prison pour intégrer celle « à ciel ouvert », c’est-à-dire la vie. Il est en liberté surveillée (comme nous tous, en somme) et conditionnelle. Son souhait est de se « réinsérer dans la société » et de faire « comme tout le monde », c’est-à-dire trouver du travail et fonder un foyer. Comme dit Agnès Jaoui dans Cuisine et dépendances, « il vaut mieux un épanouissement classique que pas d’épanouissement du tout »… Etant donné ses « hard skills » et ses « soft skills », il ne sera pas trop regardant sur l’emploi, tant pis s’il n’a pas le « pack » tickets resto / prise en charge de la mutuelle et du transport à 50% / prime « partage de la valeur »… Et de fait, une jeunette (Theresa Russell) lui dégote un job (aujourd’hui on appelle ça une « chasseuse de têtes » ou un « agent de placement »… Et oui, on nous « place », comme des objets…) tout en bas de l’échelle sociale (ramassage de canettes dans une usine). Comme il tombe sous son charme, il l’invite à diner pour fêter son recrutement. Tout semble donc aller pour le mieux mais patatras : un de ses vieux potes (Gary Busey) se drogue dans sa chambre d’hôtel et le policier chargé de la surveillance de Dembo, y décelant un indice, pense qu’il a « replongé » et le remet illico en taule. Désabusé, notre héros reprend, une fois libéré, sa vie de malfaiteur, en compagnie d’un autre ami (Harry Dean Stanton) qui s’était lui aussi « rangé ». Et oui, la vie lui fait des misères mais comme il est Dustin Hoffman (ce qui n’est pas donné à tout le monde), il fait des pieds et des mains pour s’en sortir et y parvient à peu près. Petit polar « à l’ancienne » plaisant, avec fatalement des incohérences (le mec, il se met une cagoule pour braquer une supérette de nuit mais reste à visage découvert pour une banque et une bijouterie…) mais qui vaut surtout pour la présence de Dustin car n'oublions pas que « quand il rentre dans un plan, il ne rentre pas dans un plan, il rentre dans la vie, quoi, il rentre dans notre salon » (Pierre Arditi, qui d’ailleurs lui prête sa voix française au doublage).    

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