« Je peux vous dire que Johnny
Hallyday au Stade de France, à côté, c’est un Playmobil dans un évier, hein ! »
Un film à la Moix ?
C’est l’histoire de Bernard
Frédéric (Benoît Poelvoorde), terne employé de banque animé d’une passion pour
le chanteur Claude François, participant à des spectacles en tant que sosie de
celui-ci. Son ami Jean-Baptiste Coussaud (Jean-Paul Rouve), dit « Couscous »,
quant à lui sosie de Michel Polnareff, l’encourage à s’inscrire à l’émission La
Nuit des Sosies consacrée à son idole, au grand dam de son épouse Véro (Julie
Depardieu).
C’est l’histoire d’un sosie d’un
des pires chanteurs que la France ait enfanté, avec sa voix de porte qui grince
et qui commençait à peine à s’améliorer (le doublé Alexandrie Alexandra / Magnolias
for ever) juste avant de mourir par électrocution. Et oui, il est fortement
déconseillé de toucher à une source électrique quand on est mouillé mais manifestement,
il ne devait pas être au courant (ah ah ah !)…
Pour reprendre la citation de
l’excellentissime Pierre Desproges à propos de Marguerite Duras, Yann Moix n’a
pas dit ou écrit que des conneries (c’est vrai, en plus, comme sur Paris ou la Police
française),… il en a aussi filmé. Comme ce finalement plutôt décevant Podium,
qui fit évènement en 2004 avec ses 3,5 millions d’entrées. Le casting, déjà,
c’est pas Byzance. Poelvoorde, je suis pas particulièrement fan et son
personnage ici présent n’est pas des plus sympathiques (parfaitement raccord, ceci
dit, avec « Cloclo », qui était humainement infect). Rouve, c’est le
« faux acteur Canal+ » par excellence. De toutes façons, la plus
douée en tant qu’actrice de cette troupe des Robins des Bois, c’est Marina
Foïs, même si elle non plus, c’est pas folichon. Quant à Julie Depardieu, je
l’ai déjà dit, elle n’a évidemment pas le talent et la carrière de son papa
Gérard ni peut-être même ceux de son frangin (le précocement disparu Guillaume).
L’histoire, ensuite. Alors certes, je fais un peu la fine bouche, il y a
évidemment quelques séquences (notamment musicales) réussies et une poignée de
répliques qui font mouche (celle sur Johnny citée plus haut ou le « Toi,
avec le calamar sur la tête… » improvisé de Poelvoorde à l’attention de Mia
Frye, chorégraphe du film et actrice en tant qu’aspirante au poste de « Bernadette »,
la troupe de danseuses du sosie) mais l’ensemble ne dépasse pas (ou de peu) le
niveau d’une comédie française lambda. J’avais surtout été déçu par le final très
« politiquement correct » (le retour aux responsabilités du ménage
plutôt que la passion, la déconne et la liberté), tout juste compensé par un
dernier « twist » en guise de clin d’œil (le bambin qui prend la
relève du papa sous les ordres de « Couscous »). Un « 2 »,
plus centré sur Rouve / Polnareff, serait en préparation mais ça a l’air d’être
une « Arlésienne ».



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