Parfum de femme (1974), de Dino Risi

 

« Je vous lis la politique ? » - « Qu’est-ce que tu veux que j’en fasse, de la politique ? Elle me garantit le grand chamboulement ? Non ? Alors… »

Là où il y a Gênes, il n’y a pas d’plaisir ?

C’est l’histoire de Fausto Consolo (Vittorio Gassman), militaire en retraite devenu aveugle et amputé d’une main suite à une explosion. Souhaitant se rendre à Naples pour y retrouver son ami Vincenzo, lui aussi aveugle, il se fait accompagner par Giovanni Bertazzi dit « Ciccio » (Alessandro Momo), jeune soldat. Ils feront des haltes à Gênes et Rome.

Nos amis ritals ne sont pas tant que ça les joyeux drilles espérés… Pour le moment, on ne peut pas dire que leurs films m’ont fait rire aux éclats… Nonobstant (ça va, j’ai perdu personne avec ce mot que plus personne n’emploie ?) le fait que, étant donné mon caractère, les larmes me viennent plus facilement que l’activation de mes zygomatiques. Que ce soit dans Le fanfaron, Au nom du peuple italien (tous deux de Risi) ou Affreux, sales et méchants de Scola, les gags ou les situations comiques ne sont pas légions. Les deux volets des Monstres sont inégaux et Le pigeon (Monicelli) n’est sauvé in extremis que par son incroyable chute. On est davantage dans la satire, le caustique voire le cynique que dans le potache (à part certains sketches des Nouveaux monstres). Ici, c’est carrément une comédie dramatique. L’histoire d’un ancien capitaine que son handicap visuel a plongé dans une profonde amertume. Pour contrebalancer la perte de sa vue, il a développé l’acuité de son odorat, qui lui permet de reconnaitre les femmes à leur odeur. Un rôle digne de l’Actors Studio qui garantit presque à coup sûr une récompense au comédien qui s’y colle. Ainsi, Gassman raflera le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes en 1975 et Al Pacino l’Oscar du meilleur acteur pour sa performance dans le remake U.S de 1992 (Le temps d’un week-end). En contrepoint du jeu exalté de Gassman, le tout jeune (17 printemps) Alessandro Momo, qui décèdera quelques semaines après le tournage dans un accident de moto, joue la carte de la sobriété dans le rôle d’un soldat sérieux et réservé. Notre duo improbable s’arrêtera à Gênes, où Gassman se paiera une prostituée (mais pas celle qu’il avait « commandé » à Momo) et à Rome, où il retrouvera son cousin prêtre. Si le rire n’est franchement pas au rendez-vous, l’émotion ne m’a hélas pas davantage atteint lors de la partie napolitaine, où Gassman repousse obstinément les attentions que lui porte la jeune Sara (Agostina Belli), amoureuse de lui depuis plusieurs années. Un film « à acteurs », à « one man show », quelques beaux paysages et c’est à peu près tout…     


Le topo d'Eric Toledano :

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