Profession : reporter (1975), de Michelangelo Antonioni

 

« Jusqu’ici, j’étais quelqu’un d’autre mais j’ai changé pour du neuf. »

On ne meurt que deux fois…

C’est l’histoire d’un mec (le grand, l’immense Jack Nicholson), il est reporter (d’où le titre). Alors en Afrique, il découvre le corps sans vie d’un type avec qui il avait sympathisé dans la chambre d’hôtel de celui-ci. Constatant sa ressemblance physique avec lui et déçu par son existence, il décide d’échanger son identité avec celle du défunt et de commencer une nouvelle vie en se déplaçant au gré des rendez-vous et voyages notés dans son carnet. Il aurait pas dû…

Encore de sacrés plans au menu de ce nouvel Antonioni : Nicholson se penchant d’un téléphérique au-dessus du port de Barcelone (faut pas avoir le vertige…), la Casa Milà construite par Gaudí (toujours dans la capitale catalane), le désert africain, l’image d’archive de l’exécution d’un prisonnier politique en Afrique (scène censurée dans plusieurs pays) ou encore la tristement célèbre Maria Schneider (une actrice qui ne comptait pas pour du… beurre), les bras en croix à l’arrière d’une décapotable le long d’une route bordée de platanes. Et un incroyable plan-séquence de sept minutes, tour de force technique, lors de la scène finale. Mais l’histoire, putain… D’un mou et d’un chiant… L’échange d’identité avec celle d’une personne décédée, la soif d’une liberté impossible, l’errance existentielle, l’enfermement dans le mensonge et le sentiment d’être traqué… J’ai pensé en vrac à Plein soleil (et son remake hollywoodien Le talentueux Mr Ripley), La moustache (Nicholson en porte une fausse à un moment) et L’adversaire / L’emploi du temps. Ainsi donc, notre cher Jack va caler ses pas sur ceux d’un défunt (dont il découvrira qu’il était marchand d’armes) en suivant son carnet de rendez-vous, tout en tentant d’échapper à sa femme partie à la recherche de ce même défunt, qu’elle pense être la dernière personne à avoir vu son mari vivant (j’espère que vous suivez…). Son périple le mènera à Munich, Barcelone et Madrid. Il sera aidé dans sa tâche par une jeune femme (Maria Schneider), avec qui il aura une idylle. Mais tels les héros des films sus-cités, il n’échappera pas indéfiniment à son mensonge. Conclusion imparable : c’est pas parce qu’on a une vie de merde qu’il faut chercher à l’échanger contre celle du roi du Maroc… Ou « l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs ». Ou encore « on sait ce qu’on perd, on sait pas ce qu’on gagne ». Bref, vous avez compris…


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