Huit et demi (1963), de Federico Fellini

 

C’est l’histoire de Guido Anselmi (Marcello Mastroianni), un cinéaste de renom qui travaille sur un nouveau projet. Problème : son imagination se tarit. Le calme dont il a besoin pour créer est perturbé par son entourage professionnel (producteur, acteurs, techniciens) qui le harcèle constamment. A cela viennent se greffer ses déboires sentimentaux, sa maitresse Carla (Sandra Milo) puis son épouse Luisa (Anouk Aimée) le rejoignant à la station thermale où il a trouvé refuge. Sombrant dans la dépression, il se réfugie dans ses rêves et souvenirs (sa jeunesse, ses parents…), qui vont se mêler à la réalité.

Avec ce film « autobiographique » (Guido Anselmi, c’est bien évidemment lui) de Federico Fellini, l’une des plus grandes sommités du 7ème Art, on touche aux limites de ce blog et de ses « ambitions » : à savoir retranscrire la découverte de films reconnus et exigeants par un amateur (votre serviteur) biberonné au cinéma « d’entertainment » (comédies françaises, blockbusters U.S voire, ô sacrilège,… films pornos !), qui ne possède pas toutes les clés pour en appréhender les tenants et les aboutissants et donc pour apprécier pleinement ce cinéma dont toute l’importance, au-delà de la mise en scène et de l’interprétation (la base), réside principalement dans son propos, ses thèmes, sa vision. C’est un peu comme donner un concerto de classique à un amateur de rap (ou vice et versa…) ou du lard au cochon. A partir de ce postulat, que dire ? Déjà que Huit et demi débute comme… le Chute libre de Joel Schumacher sorti trente ans plus tard ! A savoir un homme (probablement Mastroianni) qui suffoque à bord de son véhicule immobilisé dans un immense embouteillage et s’en échappe (cette fois par le toit). L’une des nombreuses scènes oniriques du film et celles que j’ai trouvé les plus ingénieuses et les plus intéressantes visuellement (comme ce plan incroyable d’un homme sur une plage tenant une corde reliée au pied d’un autre – ledit réalisateur en panne d’inspiration ? – flottant dans les airs puis chutant dans la mer). Qu’ensuite, au risque de me répéter, cette époque reculée des années 60 avait un « cachet » et ne portait pas encore les stigmates de la vulgarité moderniste. Un point de vue uniquement esthétique, sorte « d’image d’Epinal », car la peine de mort, l’ORTF, la pénalisation de l’homosexualité, le patriarcat (à cette époque, oui, quand même), les droits sociaux faméliques, tout ça, à moins de s’appeler Eric Zemmour, ne fait pas franchement rêver… Contrairement aux stars (terme ici non galvaudé) de cette même époque (Mastroianni, Cardinale, Aimée… la classe). Qu’enfin, ce qui tient lieu « d’histoire » (ces incessants allers-retours entre rêve et réalité), elle, m’a gentiment ennuyé et ne m’a procuré aucune émotion, ou alors en sa toute fin, à la rigueur (une farandole de tous les protagonistes). Il ne m’en reste donc que de belles images, sur une bande-son grandiose (signée Nino Rota, Rossini, Wagner, Tchaïkovski…). 


Le topo de Christian Boltanski :

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