Sans pitié (1986), de Richard Pearce

 

« Nous vivons dans une société où il est extrêmement agréable d’être un homme. »

C’est l’histoire d’Eddie Jillette (Richard Gere), flic à Chicago, et de son coéquipier Joe Collins (Gary Basaraba). Ce dernier est poignardé à mort lors d’une opération où ils se faisaient passer pour des tueurs à gages au service d’un commanditaire, Paul Deveneux (Terry Kinney), lui aussi assassiné et qui n’aura pas le temps de leur dévoiler le nom de l’homme à exécuter. Ivre de vengeance, Eddie remonte la piste de Michèle Duval (Kim Basinger), la ravissante amie de Deveneux et l’enlève.

Hip hip hip hourra, je fête la deuxième lecture de DVD sans incident avec mon nouvel appareil « poids plume »… Evidemment, ce polar n’offre aucune surprise : on sait d’emblée que le beau Richard tombera sous le charme de la belle Kim et que le méchant très méchant (Jeroen Krabbé, vu dans Le fugitif et le James Bond cuvée 1987) trépassera. Le tout est que ce soit prenant et pas trop irréaliste. Mission moyennement accomplie dans les deux cas, avec une baisse de régime le temps de scènes « intimistes » destinées à installer l’attirance mutuelle progressive de nos deux tourtereaux. Ils auront même le temps de tirer un coup à l’hôtel avant l’arrivée des malfrats, hôtel que Gere aura préalablement truffé de pièges façon MacGyver. Gere et Basinger se retrouveront six ans plus tard pour Sang chaud pour meurtre de sang-froid, que j’ai malgré tout préféré en dépit (ou grâce à ?) de son caractère hollywoodien plus affirmé. 

Les roseaux sauvages (1994), d’André Téchiné

 

« Je suis un pédé… Je suis un pédé… Je suis un pédé ! »

C’est l’histoire… d’un pédé. Mais pas que. Reprenons. C’est l’histoire, en 1962 et dans le Sud-Ouest français, en pleine guerre d’Algérie, de quelques adolescents qui s’apprêtent à passer leur bac. Il y a là Maïté (Elodie Bouchez), communiste et féministe par sa mère, membre du PCF ; son ami François (Gaël Morel), avec qui elle entretient des relations chastes et qui lui avoue son penchant pour les garçons : il hésite entre Serge (Stéphane Rideau) et Henri (Frédéric Gorny), pied-noir qui ne cache pas ses sympathies pour l’OAS.

A y est, j’ai un nouveau lecteur DVD / Blu-ray, un Thomson à 100 balles… Putain, incroyable la baisse de gamme de ces appareils, c’est ultra-léger et ultra-cheap, la télécommande minuscule, l’affichage du minutage est seulement à quatre chiffres (et encore, le mien en a un, ne nous plaignons pas…), ce qui signifie que le minutage, qu’il soit à 56 minutes et 24 secondes ou à 1 heure, 56 minutes et 24 secondes, affichera invariablement « 56 : 24 »… Mais bon, je ne suis pas là pour vous faire chier avec ces problèmes d’Occidental matérialiste pourri gâté mais pour vous parler de ce film de Téchiné que j’ai enfin pu voir, l’ayant acheté à petit prix sur Vinted après des essais infructueux à ma médiathèque municipale. Les roseaux sauvages est la version longue pour le cinéma d’une commande d’ARTE sur le thème de l’adolescence. Un an après Ma saison préférée, Téchiné quitte les prestigieux Deneuve et Auteuil pour une petite équipe d’acteurs débutants (ayant tous entre 18 et 22 ans) ou quasi, Elodie Bouchez (j’aime beaucoup ce genre de meufs, femme-enfant comme Anouk Grinberg notamment) étant la plus « chevronnée » puisqu’il s’agissait alors de sa cinquième apparition sur grand écran. Le réalisateur mêle éléments autobiographiques (dont la réplique introductive) et émois adolescents, sur fond d’évènements historiques (la guerre d’Algérie). Il (François) se découvre homo et « flashe » sur le beau Serge (ah ah !) mais pour celui-ci, ce n’était qu’une passade, une expérience. Elle est communiste et asexuelle (avant que ça existe), lui est pied-noir et pour l’OAS, et pourtant… Une ultime baignade sera l’occasion pour eux de s’avouer leurs sentiments. Et à l’arrivée, ça nous fait un film, un prix Louis-Delluc et quatre Césars (et non des moindres : meilleurs film, réalisateur, scénario et espoir féminin pour Bouchez). Elle est pas belle, la vie ?

Buffet froid (1979), de Bertrand Blier

 

« C’est pas nous qui sommes chiants, c’est la nature qu’est chiante ! Je m’emmerde, moi, j’en ai marre de la verdure, tout est vert ! »

« Qu’est-ce que vous appelez une « femme mûre » ? » - « Ben, c’est le genre de femmes qui vous fait des confitures… »

Réalisation : Bertrand Blier

Scénario : Bertrand Blier

Pays :  France

Année : 1979

Genre : comédie dramatique, surréalisme

Avec : Gérard Depardieu, Bernard Blier, Jean Carmet, Michel Serrault, Jean Rougerie, Geneviève Page, Carole Bouquet.

Synopsis : Le chômeur Alphonse Tram, l’assassin de sa femme et l’inspecteur Morvandiau sont confrontés à une série de meurtres et d’évènements rocambolesques au sein d’une tour d’immeuble isolée dans une banlieue sinistre.

Pourquoi ? Parce que c’est, de l’avis de beaucoup (dont votre serviteur), le meilleur film de Bertrand Blier, baignant dans une atmosphère surréaliste et macabre, l’un de ceux où il est le moins question de cul (lien de cause à effet ?), qui tient la route de bout en bout, là où souvent les autres réalisations du cinéaste s’essoufflent à mi-parcours après un début tonitruant ; pour son MONUMENTAL trio d’acteurs principaux Depardieu – Blier père – Carmet (le budget « bonnes bouteilles » sur le plateau a dû exploser…) et une belle galerie de seconds rôles (Serrault, Bouquet, Page, Rougerie, Benguigui) ; pour ses dialogues qui regorgent de pépites immortelles ; parce que voir des pandores simplets à képi, au temps des « Robocops » de Retailleau, quelle poilade (et nostalgie) ! « Avec le talent, on fait ce qu'on veut. Avec le génie, on fait ce qu'on peut », disait le peintre et musicien Jean-Auguste-Dominique Ingres. Pour ce film, Bertrand Blier a donc fait ce qu’il a pu…

Les Bronzés font du ski (1979), de Patrice Leconte

 

« J’t’expliquerai, va… » - « Te casse pas, on a compris. »

« Tu m’aides pas, là ? » - « Non, pas là, non. »

Réalisation : Patrice Leconte

Scénario : les membres de la troupe du Splendid

Pays :  France

Année : 1979

Genre : comédie

Avec : Josiane Balasko, Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Dominique Lavanant, Thierry Lhermitte, Bruno Moynot.

Synopsis : Des amis, s’étant connus l’année précédente lors de vacances estivales au Club Med en Côte d’Ivoire, se retrouvent dans une station de sports d'hiver de Val-d'Isère.

Pourquoi ? Euh, sérieux, faut vraiment que je vous dise pourquoi cette comédie dont quasiment tous les gags et répliques (la « crêpe au suc’ », le « planté de bâton », la « liqueur d'échalote relevée au jus d'ail », le fil dentaire dans la fondue, le télésiège qui tombe en panne, les chaussures de ski trop serrées, le « lâché de gourmette », les effusions sexuelles du trio d’Italiens lors de la nuit au refuge…), essentiellement centrés sur le connement disparu Michel « wanabee auteur » Blanc et son incapacité à « conclure », sont culte et entrés dans l’inconscient collectif ?

Bean, le film le plus catastrophe (1997), de Mel Smith

 

Réalisation : Mel Smith

Scénario : Richard Curtis et Robin Driscoll

Pays :  Etats-Unis, Royaume-Uni

Année : 1997

Genre : comédie

Avec : Rowan Atkinson, Peter MacNicol, Pamela Reed, Harris Yulin, Burt Reynolds.

Synopsis : Mr Bean, modeste, maladroit et excentrique gardien de musée britannique, est envoyé à Los Angeles par la National Gallery de Londres dans le cadre du transfert à la Galerie Grierson locale du célèbre tableau La Mère de Whistler, en le faisant passer pour leur meilleur spécialiste en matière de peinture, ceci afin de se débarrasser momentanément de lui. Il est accueilli en Amérique par le conservateur de la galerie et sa famille. Mais son faux profil d’érudit d’art va rapidement voler en éclat.

Pourquoi ? Pour Rowan Atkinson (doublé par Dany Boon !) et sa tronche de Jean-Pierre Chevènement jeune (mais le « Ché » a-t-il déjà été jeune ?), qui reprend évidemment son personnage de Mr Bean, sorte de Gaston Lagaffe anglais, dans la série télévisée éponyme ; mais SURTOUT pour la scène où il salope le fameux tableau à coups d’éternuement, d’encre et de détergent, qui provoque invariablement chez moi un fou rire (phénomène rarissime…) ; et pour une poignée d’autres gags, déjà connus par les « aficionados » de la série (le sac à vomi, le sèche-mains des WC, la dinde farcie géante…).